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Guide des droits et des démarches administratives
Secret médicalFiche pratique
Les médecins et professionnels de santé sont soumis au secret professionnel (secret médical). Sauf dérogations, le secret médical couvre l'ensemble des informations concernant le patient dont le médecin a connaissance.
Le secret médical interdit à tout médecin de communiquer à des tiers des informations sur son patient. Ce secret couvre l'ensemble des informations dont le médecin a connaissance :
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les informations qui lui ont été confiées ;
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ce qu'il a vu, entendu ou compris.
Le secret professionnel s'impose également à tous les personnels de santé ainsi qu'à tous les professionnels intervenant dans le système de santé. Dans certains cas, des professionnels de santé peuvent toutefois échanger des informations médicales sur un patient. Dans ce cas, ils doivent tous participer à sa prise en charge et les informations échangées doivent être nécessaires à la continuité des soins, la prévention et le suivi médico-social et social du patient. Le partage d'informations entre professionnels ne faisant pas partie de la même équipe de soins nécessite le consentement préalable du patient.
Le secret médical est une obligation générale et absolue. Un médecin ne peut ainsi pas communiquer de données médicales à une autre personne même tenue au secret professionnel (administration fiscale par exemple).
À savoir
la révélation d'une information relevant du secret professionnel est punie d'une peine pouvant aller jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.Le secret médical n'est pas opposable au patient : le médecin a l'obligation de lui fournir une information loyale, claire et appropriée sur son état.
Si le diagnostic ou le pronostic est grave, la famille, les proches du malade ou la personne de confiance peuvent recevoir des informations sur l'état de santé du patient afin de lui apporter leur soutien.
À savoir
le malade peut s'opposer à ce que le médecin donne des informations à ses proches.En cas de décès du malade, la personne qui vivait en couple avec le malade et les ayants-droits peuvent obtenir des informations médicales sur le patient afin de connaître les causes de sa mort, défendre la mémoire du défunt ou faire valoir leurs droits, sauf si le malade s'y est opposé avant son décès.
Un mineur peut s'opposer à la consultation de ses parents sur des décisions médicales le concernant pour garder le secret sur son état de santé. Le médecin ou la sage-femme doit toutefois s'efforcer d'obtenir le consentement du mineur à la consultation de ses parents dans un premier temps. Si le mineur maintient son opposition, il doit se faire accompagner d'une personne majeure de son choix pour pour que le médecin ou la sage-femme puisse procéder aux soins.
Le secret médical interdit à un médecin de donner des renseignements sur son patient à une compagnie d'assurances. Les assureurs ne peuvent pas solliciter le médecin traitant de l'assuré afin d'obtenir des renseignements ou des pièces médicales.
Dans le cas où un assureur sollicite un examen médical préalable à une assurance ou demande un examen d'un assuré blessé ou malade, le médecin expert ne peut pas remettre des pièces médicales vous concernant à l'assureur. Il peut seulement transmettre les résultats au médecin conseil de l'assurance. Celui-ci, soumis au secret médical, ne peut qu'émettre un avis à l'assureur.
À savoir
cet examen ne peut être réalisé par le médecin traitant.Dans certains cas, le médecin peut être amené à communiquer des informations à des tiers concernant son patient.
Le médecin peut notamment être amené à :
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signaler au procureur de la République, avec l'accord de la victime, des sévices ou privations laissant présumer que des violences physiques, sexuelles ou psychiques ont été commises ;
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informer les autorités judiciaires, médicales ou administratives de privations ou de sévices infligées à un mineur ou une personne incapable de se protéger ;
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signaler les pratiques de dopage d'un sportif au médecin responsable de l'antenne médicale de prévention du dopage ;
-
etc.
Lorsque la protection du patient l'exige, le médecin peut transmettre certaines informations le concernant à des tiers.
Le médecin peut notamment être amené à :
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informer le préfet des personnes dangereuses pour elles-mêmes ou pour autrui qui détiennent une arme ou désirent en acquérir une ;
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déclarer les maladies contagieuses à l'autorité sanitaire ;
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établir un certificat médical préalable à une admission en soins psychiatriques à la demande d'un tiers ou en cas de péril imminent ;
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déclarer au Procureur de la République la nécessité de placer un individu sous sauvegarde de justice ;
-
etc.
Si vous estimez que le secret médical a été violé, plusieurs recours s'offrent à vous.
Si vous estimez qu'un professionnel de santé a violé son obligation de secret médical, vous pouvez porter plainte devant la justice pénale.
Vous devez vous adresser à un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie.
Commissariat ou Gendarmerie
La réception de la plainte ne peut pas vous être refusée.
La plainte est ensuite transmise au procureur de la République.
Vous devez écrire directement au procureur de la République. Il faut envoyer une au tribunal de grande instance du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.
La lettre doit préciser :
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l'état civil complet du plaignant et ses coordonnées complètes (adresse et numéro de téléphone),
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le récit détaillé des faits, la date et le lieu de l'infraction,
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le nom de l'auteur supposé si vous le connaissez (sinon, il convient de déposer plainte contre X),
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les noms et adresses des éventuels témoins de cette infraction,
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la description et l'estimation provisoire ou définitive du préjudice,
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les documents de preuve : certificats médicaux constatant les blessures, arrêts de travail, factures diverses, constats en cas de dégâts matériels.
Tribunal de grande instance (TGI)
Tribunal de grande instance (TGI)
Vous pouvez envoyer votre plainte en lettre recommandée avec accusé de réception mais ce n'est pas obligatoire, vous pouvez envoyer une lettre simple. Dans tous les cas, un récépissé vous sera remis dès que le procureur aura enregistré votre plainte.
Vous avez également la possibilité d'assigner le médecin ou autre professionnel de santé devant la justice civile pour obtenir réparation du préjudice subi.
Si vous estimez qu'un médecin a violé son obligation de secret médical, vous pouvez adresser une plainte par courrier au conseil départemental de l'ordre des médecins . Votre lettre doit mentionner explicitement que vous formulez une plainte. Les décisions de la chambre disciplinaires de première instance sont susceptible d'appel devant la chambre disciplinaire nationale. Les décisions de la chambre nationale peuvent faire l'objet d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État.
Conseil départemental de l'ordre des médecins
Où s'adresser ?
Pour en savoir plus
- Le secret professionnel du médecinOrdre national des médecins
- Code de déontologie médicaleOrdre national des médecins
- Comment fonctionne la juridiction disciplinaire de l'ordre des médecins ?Ordre national des médecins
Références
-
Code de la santé publique : article L1110-4
Droits des personnes malades : principe du secret professionnel -
Code de la santé publique : article L1111-5
Secret médical et mineurs -
Code de la santé publique : article R4127-4
Le secret professionnel du médecin -
Code de la santé publique : articles R4127-69 à R4127-84
Articles R4127-72 et R4127-73 : Exercice du secret professionnel par le médecin -
Code de la sécurité sociale : article L162-2
Principe déontologique fondamental du secret professionnel du médecin -
Code pénal : articles 226-13 à 226-14
Secret professionnel et principales dérogations -
Code de la santé publique : article R4127-35
Obligation d'information du patient -
Code civil : article 56
Dérogation au secret médical : déclaration de naissance par le médecin -
Code général des collectivités territoriales : article L2223-42
Dérogation au secret médical : déclaration de décès par le médecin -
Code de la santé publique : article L3113-1
Dérogation au secret médical : obligation de signalement des maladies contagieuses -
Code de la santé publique : articles L3212-1 à L3212-12
Dérogation au secret médical : admission en soins psychiatriques -
Code de la santé publique : article L3211-6
Dérogation au secret médical : placement sous sauvegarde de justice -
Code du sport : articles L232-1 à L232-4
Dérogation au secret médical : signalement des pratiques de dopage -
Code de l'action sociale et des familles : article L226-2-2
Dérogation au secret médical : protection des mineurs en danger -
Code de l'action sociale et des familles : article L241-10
Dérogation au secret médical : évaluation et plan personnalisé de compensation du handicap -
Loi n°78-17 du 6 janvier 1978 - Informatique et libertés
Dérogation au secret médical : recherches dans le domaine de la santé (article 55)
